Mes madeleines de Proust

Pour vous, comme pour la plupart des français, rentrée rime peut-être avec galères, froid, courses interminables, dépenses à n’en plus finir, retour des embouteillages.

Début septembre, pour moi, est un moment où il faut se souvenir. Oui, souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps que ça, la rentrée avait quelque chose de magique. D’excitant. Pour citer un grand poète moderne de ce monde, « on avait dix ans, pis on ignorait, qu’un jour on s’rait grand, et qu’on mourirait »*. On avait dix ans, et les courses de rentrée étaient l’aventure la plus trépidante du monde. On avait dix ans, et on profitait des derniers jours de vacances comme un repos précieux avant la grande mission qui nous était confiée d’aller à l’école et de participer à la matière grise de l’avenir – ça, on ne le comprenait pas encore, mais il y a cela d’héroïque chez les enfants, nous le savions sans le comprendre.

On se souvient tous de ce fameux dimanche pré-rentrée. Celui où l’on réessaye toute sa garde-robe d’automne pour constater que plus rien ne nous va et qu’au grand dam de Maman, une journée shopping est à prévoir. Celui aussi où l’on prépare un cartable tout beau tout neuf, avec son nouveau sac Eastpak – qu’on gardera pendant tout le collège ensuite, qu’on ressortira pour le sport au lycée puis pour les voyages sac-à-dos-baskets de la vie étudiante -, le nouveau cahier de texte (oui parce qu’en primaire, les dates et les agendas, on ne connait pas…), la nouvelle trousse pleine de nouveaux stylos.

Celui, surtout, où Maman, comme pour se rassurer elle-même, prévoyait une soirée spéciale réconfort et plateau télé en famille. A quatre dans le canapé, nos bols de coquillettes au poulet et à la crème tout chaud dans les mains, devant notre petite télé, on oublie que demain, fini la grasse matinée.

Pour retrouver tout ça, et adoucir cette rentrée, il suffit souvent de se refaire ce repas facile, CE plat qui pour nous est la crème du régressif. Ce plat-là est à la fois très personnel et très universel. Aujourd’hui, c’est moi qui vous livre mon menu Madeleine de Proust. Et vous, quel est le vôtre ?

Nouilloto de coquillettes au poulet et crème muscade

  • Ingrédients  (pour 4 pers.) : 400 g de coquillettes – Restes de poulet rôti de la veille – 20 cL de crème liquide – parmesan râpé – ½ cc de muscade moulue – sel – poivre.
  • Recette :

Commencer par éplucher les restes de poulet rôti dont vous disposez et à détailler la chaire en petits dés. Mettre à chauffer dans une poêle les restes de jus et de peau de poulet (si vous n’en avez pas, une noix de beurre fera l’affaire). Une fois que la poêle est bien chaude, ajouter le poulet et le colorer rapidement. Baisser le feu, ajouter les ¾ de la crème et la muscade, laissez un peu réduire, salez, poivrez, puis retirez du feu et réservez au chaud.

Cuire les coquillettes dans un grand volume d’eau salé de manière à ce qu’elle reste bien al dente. Egoutter-les puis remettez les dans la casserole de cuisson, ajouter l’intégralité de la sauce à la crème, puis le parmesan en une fois. Bien mélanger. Vous pouvez finir par les restes de crème si l’envie vous en dit.

A servir dans un bol et à déguster en pyjama devant un dessin animé !

La touche sucrée : sorbet fruit rouge minute.

  • Ingrédients : 250 g de fruits rouges congelés – 2 ou 3 CS de fromage blanc brassé 0% – 1 CS de miel.
  • Recette : Mettre les fruits rouges tout juste sortir du congélateur dans le bol d’un mixeur plongeant, ajouter le fromage blanc puis mixer jusqu’à obtenir un sorbet. Ajouter le miel en fin de mixage. C’est près!

 

*Renaud Séchan, « Le sirop de la rue »

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